[Carnet - musique identique au précédent texte : Fuori Dal Mondo]
Une nouvelle fois dans le train, un TER cette fois. Moins confortable...
Je reviens des 19 ans d'Aude, soirée bien étrange. J'ai été heureux de la revoir, ce n'est pas le cas pour d'autres personnes. Dans le sens où, eux, je m'en contrefichait, de leur présence, autant qu'ils se foutaient de la mienne.
Il y a eu de si lourds changements par rapport à il y a 2 ans. C'est parfois dur à supporter, car si pour certains je me fiche qu'ils ne me voient pas, pour d'autres c'est plus délicat. Quoiqu'il en fut, au delà d'avoir revu Aude et Maxime, j'ai gagné autre chose à y être allé.
Cette nuit, j'ai rêvé. Et dans ce rêve, après quelques instants d'un jeu fort agréable, je l'embrassais. Première fois que j'en rêve. C'était si intense. Au sein même de cette illusion nocturne, je me demandais si c'était réel, et chaque réponse que je trouvais était un "oui" des plus consistants.
Mon coeur s'emballait, ma bouche sur la sienne, nos lèvres s'entremêlaient tandis que, parfois, nos langues se serraient l'une contre l'autre dans une étreinte si chaleureuse. Un instant de fusion, rien de plus qu'un baiser, mais tellement davantage qu'un "baiser".
Alors que je me replonge dedans pour le raconter, j'en ressens encore l'humidité... la texture de ses joues sous mes doigts doux, j'en revois son visage amusé juste avant que l'on se décide à s'y mettre, j'en entend encore son souffle coupé par la surprise et entrecoupé par l'émotion, l'odeur de ses mains, l'odeur de sa bouche. L'odeur de cet instant.
Cet instant éphémère auquel je désire m'agripper encore quelques temps. Au moins jusqu'à demain. Au moins.
Sait-on jamais...
30/12/08
Suis-je de ceux qui sont condamnés à espérer, vainement, toute leur vie durant ? ...
mardi 30 décembre 2008
"Pénétrer son intense regard aux multiples couleurs"
J'ai écrit ce texte dans mon carnet de croquis il y a 3 semaines, alors que je prenais le TGV. Il est donc précédent au dernier article.
Découvrez Ludovico Einaudi!
Retour de Paris, TGV en 1e classe, prix identique.
"Fuori dal Mondo" en boucle dans mes oreilles, une tête qui dépasse des sièges en face de moi, une main s'y pose, une bague au doigt, une réflexion prend naissance alors que mes doigts peinent à écrire.
Pourquoi toutes ces personnes sont-elles mariées, ou paxées que sais-je ? Pourquoi tout me semble inaccessible ? L'impression d'être emprisonné dans ce corps frêle et sans chaleur. Que dois-je faire ? Que puis-je faire poue ne pas être seul ainsi ? Pourquoi les gens n'assument-ils pas ce qu'ils ressentent au fond d'eux ? N'en ont-ils pas conscience, ou le cachent-ils par peur ? Peur de quoi ? Peur de briser, d'être brisé et de subir cette pseudo honte sociale que le monde a instauré ?
J'aimerais partager, j'ai tellement à offrir, et c'est en tant qu'entité jeune, et vide, que j'ai tout autant à recevoir. J'aimerais aimer en paix, diffuser et partager ce sentiment, ces sensations, ces réflexions, cet état de bien être précaire mais si intense. Caresser ses lèvres du bout des miennes ou de mes longs doigts qui me répugnent tant, passer ma main au creux de ses cheveux et sentir leur odeur si fraîche et bouclée. Plonger mon regard sur sa peau, son visage ô cimbien si chaleureux et doux, pénétrer son intense regard aux multiples couleurs, et m'y baigner toute la nuit durant. Ne faire qu'écouter sa respiration, observer son corps endormi, parcourir de mes doigts ses courbes généreuses, gracieuses et si précieuses à mon coeur.
Je garde avec espoir, contre vents et marées, que ceci soit un futur proche, sans destruction préalable, sans ambiguïté prolongée. Mais... cela ne peut rester qu'un espoir si je ne fais rien pour améliorer les choses. Prendre les choses à deux mains, m'attler à cette tâche si banale qu'est la séduction, sans déraper ni faire de faux pas fatals.
Ceci est le plus délicat.
Prendre soin de l'autre, surtout.
14/12/08
Hier j'ai suivi, hier j'ai regardé. Et je me sens coupable de ne pas conserver l'exclusivité de mon regard, alors que je ne lui suis pas lié...
Stupidité ? Ou réelle affection... J'aimerais tant la lui avouer...
vendredi 26 décembre 2008
Emporté par "9 crimes" (-Damien Rice-)
Découvrez Damien Rice!
Chargé de frissons et d'émotions, je me lance dans l'écriture de mon premier texte sur ce blog. Cette magnifique musique fredonne à mes mains et mon corps tout entier tant de choses, en boucle elle me guidera le long de cet article.
On me qualifie de sensible, et je le suis, tellement que je déborde de susceptibilité. Chaque mot, chaque geste, chaque regard compte, chaque élément est remarqué, observé, analysé, pour mon bien et souvent mon grand malheur. Mauvaises interprétations, pessimistes, ou parfois trop optimistes. Les claques ne tardent pas à tomber.
Pourquoi s'emmerder à voir la vie du bon côté alors ? si chaque fois qu'on croit être content, on dérape et on chute, parfois si profond qu'on imagine pas un seul instant pouvoir s'en relever. Alors je vois tout d'un mauvais oeil, me méfiant de chaque chose, craignant le pire à chaque moment, désespérer en continu, me marteler seul de mon propre couteau, délirer, m'effondrer...
Une respiration qui s'amplifie, un coeur qui s'active, des tremblements le long de ma colonne vertébrale, mon ventre qui se contracte. Je suis submergé par les émotions, je me laisse emporté, maintenant, la musique prenant mes doigts et les plaçant sur ces petites touches, traduisant mes impressions et ressentis. Cette douce voix est comme une lumière à laquelle je m'accroche, ces quelques notes si justes sont là et me servent de marches à mon ascension momentanée. Chaque seconde, je me demande quand est-ce qu'une marche brisée apparaitra, me propulsant en bas, tout en bas, faisant retomber cet état de semi transe, et peut-être allant jusqu'à m'écraser contre la dureté de la vie et de la vérité. J'ai peur de celle-ci, je ne veux pas la connaitre, elle m'effraie, je la crains... et si... je me trompais, et si mes sensations étaient erronées ? Et si, je m'étais monté un film tout seul, interprétant à tord tout ce en quoi je croyais apercevoir une lumière salvatrice ?
Je ne veux pas... je me suis tellement impliqué dans cet espoir... de tout mon être. Chaque parcelle de mon essence est concerné, et c'est entièrement aujourd'hui que je pleure. Que vais-je vivre demain ? Déception, joie, ou stagnation ? ... Vais-je vivre demain ?
Bien que ce que je peux appeler la mort "intérieure" puisse paraître violent et faire peur, ce n'est qu'un passage dans un vie. Ceci dit, ce n'est pas rien pour autant... Je ne suis pas non plus entièrement satisfait du nom... mais je ne sais pas comment qualifier ce que je pressens. Comme si mon coeur s'éteignait peu à peu, chaque battement étant de plus en plus éloigné du précédent. Mais il ne s'arrêtera pas, pas physiquement, mon corps perdurera, mon âme, je n'en sais rien.
Tout dépend de demain...
Appeler, ne pas appeler. La grande interrogation. Entendre sa voix, percevoir son souffle, sa respiration... sa neutralité, son désintérêt... sa curiosité ... non, il n'y en a jamais eu... je ne crois pas... pourtant j'ai besoin de ce son... si je ne peux voir, je voudrais écouter... bien que le mieux serait de toucher... J'ai pu, parfois, mais... pourrais-je encore ?
Je boues d'impatience, je ne sais comment gérer ce désarroi, cette sensation de perdition, de doute... Je veux savoir ! mais je ne veux pas de mauvaises nouvelles... facile à dire... qui en voudrait ? Personne... je suis bien un homme comme les autres... Me détacherais-je un jour de la masse ? Pour apparaître exceptionnel à ces deux yeux... ? Au moins pour ça... Faire parti de ses pensées, de ses préoccupations, de ses projets...
J'ai l'impression de parler d'un livre... un livre qui ne verra jamais son adaptation réelle...
Je fuis... comme si ma propre essence s'échappait peu à peu de moi, à chaque instant. J'aimerais que ses pieds en suivent les traces...
j'aimerait tant... vivre...
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